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"Les antibiotiques et les éleveurs: une histoire d'amour qui risque mal finir."

Admin 2019-07-30 01:59:100 Commentaire(s)

Utilisés à la base pour lutter contre les infections bactériennes, les antibiotiques ont vu leurs champs d'application s'élargir tout d'abord en prévention contre certains agents pathogènes dits ubiquistes, ensuite comme facteur de croissance en les incorporant dans l'alimentation des animaux.

Tous ces attributs étaient autrefois très appréciés des éleveurs étant donné qu'ils amélioraient leurs gains dans leurs activités ceci à travers la diminution du taux de mortalité et l'augmentation de l'indice de conversion alimentaire.
Malgré l'importance économique que procurait et procure ces pratiques, les scientifiques ont été obligés d'alerter l'opinion publique afin de réguler, voir annuler certaines utilisations de ces molécules; notamment la supplémentation alimentaire animale.

La question est celle de savoir comment est ce qu'on peut suspendre une pratique qui permet aux éleveurs d'augmenter leurs gains?

Nous ne pouvons pas mieux répondre à cette question sans aborder la question d'antibiorésistance.
En effet la plupart des éleveurs (surtout en Afrique) ont pensé et continuent de penser que l'utilisation des antibiotiques peuvent remplacer les bonnes pratiques d'élevage. C'est ainsi qu'on assiste sur le terrain à la marginalisation des conditions externes à l'animal notamment l'environnement, l'hygiène, la biosécurité et bien d'autres. Les éleveurs pensent pouvoir combler aux manquements dûs à l'hygiène, au logement, à l'alimentation par l'utilisation des antibiotiques. Mais ils ignorent que chaque maladie a une origine bien précise (aucune maladie ne tombe du ciel) et ce n'est qu'après un examen minutieux de leurs exploitations et de leurs animaux que cette origine peut être identifiée.
Une fois identifiée, ils pouvent lutter contre l'origine de la maladie et non contre les symptômes comme c'est le cas actuellement dans plusieurs élevages.

En effet Vous êtes nombreux à faire appel aux antibiotiques pour lutter contre les maladies de toutes sortes. Or ces antibiotiques atténuent ou détruisent les bactéries présentes dans l'organisme de l'animal au moment de son administration ou bien pendant sa durée d'action, mais ne menacent en rien l'origine du microbe responsable de la maladie.

Prenons l'exemple des problèmes sanitaires en aviculture moderne pour mieux illustrer ces propos. Ces troubles sanitaires représentent le principal point de dépenses en produits vétérinaires dans un élevage intensif après les vaccins. Ils ont deux grandes origines: soit le non respect des normes d'élevage (logement, qualité de l'eau, d'aliments...) et les microbes pathogènes.
Attardons nous sur le non respect des normes d'élevage et prenons l'exemple de la qualité de l'eau. Si un élevage souffre des pathologies digestives dont l'origine est l'eau qui est contaminée, l'éleveur utilisera tous les antibiotiques présents sur le marché. Mais l'eau continuera à contaminer ses animaux et ceci se traduira par une baisse des mortalités et des symptômes durant le traitement mais une reprise spectaculaire de la maladie et des mortalités quelques jours après l'arrêt du traitement.
Dans ce cas de figure, l'éleveur perd directement (mortalités liées à la maladie) et indirectement (les dépenses de traitement, les retards de croissance...). Mais le plus grave est ce qui se passera dans 5, 10, 15 ou 20 ans s'il continue son activité sur le même site ou le confie à l'un de ses enfants. En s'habituant aux mêmes antibiotiques souvent à des doses reduites, les microbes pathogènes vont développer des mutations et des recombinaisons génétiques pour devenir de plus en plus insensibles aux molécules utilisées pour les combattre. Nous pouvons rapprocher ce comportement des microbes au comportement de la paume de main de notre grande mère au village qui à force d'enlever la marmite au feu sur des longues années avec ses mains, ne ressent plus les brûlures du feu.

La pérennité de notre filière passe par les décisions que nous prenons aujourd'hui.
Alors soyons des éleveurs responsables.

Mr Meleye Diongue zootechnicien spécialiste en production animale et élevages

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